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dimanche 24 septembre 2017

Bologna


L'Italie... on pourra y retourner toute notre vie et ce sera toujours aussi beau. Et surtout, on mangera toujours aussi bien.

28 degrés
Marine, Charlotte et moi aimons beaucoup l'idée d'un petit city trip aux environs de la période de Pâques. Il commence en général à faire beau, et ça nous fait un break avant la dernière ligne droite et les exams de juin. Normalement Bastien vient avec nous mais malheureusement cette année il était bloqué par son stage. 

Nous voilà donc parties à trois, entre filles, dans un petit hôtel et non dans une auberge de jeunesse comme d'habitude, car en Italie, ça ne se fait pas tellement. Qu'importe! Nous étions très bien placées et n'avions pas franchement besoin d'une kitchenette : voyons les choses en face, c'est un peu dommage de se faire des pâtes avec une sauce achetée en supermarché dans ce pays! Que dis-je, c'est carrément un sacrilège. Donc, je ne vais pas mentir, une grande majorité de notre budget est partie dans les petits restos. Et on ne l'a pas regretté! C'est vraiment incroyable les petits plats là-bas!


Notre arrivée à la ville même a été un peu complexe. Le monsieur du point info à l'aéroport nous ayant convaincues qu'à trois nous paierions autant pour le bus que pour un taxi, nous décidâmes de suivre son conseil et d'opter pour le confort (il ne semblait pas y avoir des masses de sièges dans le bus), ce qui, en plus, aurait l'avantage de nous amener directement à la porte de l'hôtel. Malheureusement, la file était bien plus longue que ce qu'on avait imaginé! En soi ce n'était rien, si ce n'est qu'on commençait sérieusement à avoir un creux.
A peine arrivées, on a déposé nos affaires et on s'est laissées guider par notre estomac. Et cela a payé! Un super petit resto avec une terrasse nous attendait. Avec une carte pleine de plats a piacere, qui était traduit "as you wish" (à vrai dire j'ai cherché, piacere signifie "plaisir", ce qui donne tout de même une autre dimension à leur amabilité, je dirais). Autant dire que j'ai demandé s'ils pouvaient me faire des pâtes all'amatriciana (bien que je n'en avais pas vu sur le menu), et bingo! Pas de souci. Marine a pris des pâtes au saumon, bien sûr, et Charlotte, des bolognaises (même si elles ne viennent à proprement pas parler de Bologne, ça semblait approprié). Il va sans dire que nous avons opté pour notre précieux vin blanc frizzante, parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne, c'est bien connu!

Une des personnes qui se sont occupées nous a appelées des "nice ladies". Autant dire tout de suite que c'est resté. Elle nous a ensuite offert une liqueur de châtaigne qui n'était pas mauvaise! Mais j'aurais préféré un limoncello (#ingrate). Avec cela, nous avons même eu droit à des petits sablés, alors qu'on avait déjà mangé un dessert!On en pouvait plus. 
Ensuite, enfin repues, nous nous sommes un peu baladées jusqu'au centre-ville. La place principale, la piazza maggiore, était très jolie, mais ce n'est qu'après qu'on s'est rendues compte qu'un des principaux symboles de Bologne était sous échafaudages : le grand Poséidon. Qu'importe, nous étions tout de même sous le charme. Nous sommes souvent repassées par cette place, et à chaque fois elle était pleine de vie et de musique.

Le lendemain ce fut d'ailleurs notre première étape. Nous sommes entrées dans la basilique San Petronio où on m'a tout de suite coupée dans mon élan : les photos étaient interdites. S'il y a un truc que je n'aime pas entendre dans un lieu culturel, c'est bien ça.

Par conséquent, et les filles pourront vous le confirmer, j'ai développé une expression de surprise frisant la perfection ("Ah bon, on ne peut pas? Ah pardon pardon mon bon monsieur, je ne savais pas! Non, ne vous inquiétez pas, je ne le referai plus. *ressort son téléphone deux minutes plus tard*). Mon avis est très simple : dès lors qu'un endroit culturel est ouvert au public, il devient la propriété esthétique et intellectuelle de tout le monde. Bref. Une des particularités de l'église était qu'elle abritait une méridienne, une ligne aidant à déterminer l'heure ainsi que plus largement, la date. Elle était ornée des différents signes du zodiaque.

Le crabe, la réponse d'une énigme dont j'ai oublié l'intitulé...

Ensuite nous avons longé l'extérieur de la basilique sous une des nombreuses galeries de la ville : Bologne est en effet connue pour cela! On en a quelques-une à Bruxelles aussi mais comment dire... elles ne sont pas là pour les mêmes ennuis météorologiques.


Nous avons poussé ainsi, en nous baladant, jusqu'à la place San Domenico, où on peut voir un tombeau en extérieur, tout en colonnes et statues un modèle qui est apparemment très réputé dans cette ville.
Ensuite nous sommes arrivées sur la piazza Minghetti, qui, ainsi que ses environs, était envahie de fleurs : nous étions tombées en plein dans le weekend qui voyait un festival/marché d'horticulture prendre ses quartiers à Bologne. Vraiment très joli. C'est à ce moment, je crois, que je me suis dit "Ouille, je n'ai pas encore commencé de cure d'antihistaminiques contre mon allergie au pollen." Yep. Faut dire (encore une fois) que le temps à Bruxelles était un chouïa différent. Je n'avais pas encore exactement eu besoin de me prémunir du printemps, puisqu'il n'avait pas encore pointé le bout de son nez. D'ailleurs à peine rentrée mes soucis se sont évaporés, et ce au moins pour encore deux-trois semaines avant de reprendre. J'ai eu une preview, en quelque sorte.

Mais qu'importe! Il a fait tellement beau. Quel plaisir de manger à l'extérieur au soir, de porter des vêtements plus légers et des lunettes de soleil. Vraiment, ce city trip s'est fait au gré de nos envies, sans vrai plan ou programme, mais dans une atmosphère de découverte agréable et à notre aise. C'est ainsi que nous sommes arrivées dans la rue principale des restaurants, qui revenait vers la piazza maggiore. Nous avons vaguement regardé les cartes des menus mais n'étions pas franchement intéressées à l'idée de dépenser trop pour un lunch. Nous préférions nous réserver pour le soir!

C'est pourquoi, après avoir visité Santa Maria della Vita, une église baroque petite mais magnifique, nous avons opté pour acheter de quoi faire des sandwichs. La place San Domenico nous a parue parfaite pour y manger... et lorsque nous avons vu qu'une jeune fille était assise en-dessous du tombeau dont j'ai déjà parlé, nous avons fait de même.

La pieta en terre cuite de Niccolo dell'Arca, à l'étage

Après s'être posées un bon moment, avoir papoté en attendant que San Domenico ouvre, nous avons continué notre chemin, un peu en-dehors du centre-ville cette fois-ci. Nous commencions à fatiguer un peu et c'est ainsi que le jardin Margherita nous a tendu les bras. On s'est allongées et je pense qu'on en a profité toutes les trois pour bien se reposer. Moi j'ai dormi en tout cas! Le cadre était vraiment chouette. Puis nous avons décidé d'aller boire un soda au milieu du parc. Une terrasse donnait sur le lac... et alors là nous avons été happées par une fascination subite et totale : les petites tortues qui barbotaient en masse à cet endroit-là. Il y en avait tellement! Certaines étaient sur le dos d'une copine, d'autres nageaient tranquillement... elles étaient trop jolies!

Les fameuses towtues

En sortant du parc nous avons vu ce que j'imagine être une sorte d'école du cirque : Plusieurs cordes avaient été attachées d'un tronc à l'autre, et des gens marchaient dessus. Quel bonheur les cours en extérieur tout de même! Et le lendemain nous avons pu voir une autre activité physique un peu hors-norme : deux filles qui dansent sur un mur, à l'horizontale. Attachées bien sûr. Elles étaient très coordonnées, sautaient et se retournaient de manière gracieuse, et si on s'est tout de même demandé ce qu'elles faisaient là, on ne s'en est pas plaintes, c'était joli!


Chaque soir, on rentrait à l'hôtel pour se poser et se changer, papoter, avoir un fou rire ou deux et pour que Cha me fasse une jolie tresse avant d'aller au resto. La belle vie quoi.


Le lendemain nous avions décidé de nous atteler à notre plus grand challenge : un autre symbole de la ville (décidément), j'ai nommé les tours de Bologne. Au Moyen Age il y en avait près de 200, aujourd'hui seulement quelques-unes subsistent, et seulement deux sont vraiment célèbres : "Garisenda" et "Asinelli". Cette dernière offrant le plus beau panorama de la ville, il nous était impossible de tourner le dos à ça! Même si ça impliquait monter quelques 500 marches... ou serait-ce 499? Ou 498? Honnêtement j'ai eu la flemme de compter. Plus honnêtement encore, j'étais concentrée sur ma respiration. Je ne dirai qu'une chose : c'était haut et un peu flippant (ok, je rajouterai quand même que c'était d'étroits escaliers en bois longeant les quatre murs de la tour, empruntés aussi bien par ceux qui montent que ceux qui descendent).

Okay, okay, ça en valait largement le coup...

Après avoir bien regardé à 360° et fait plein de photos, on a, tout aussi courageusement, décidé de redescendre. Tout en sachant que c'est plus fatigant physiquement de descendre plutôt que de monter des escaliers, en fait. Yep, véridique.

Ensuite on s'est baladées en direction de l'Université, qui était malheureusement fermée. Mais qu'importe : au final, les pièces qui étaient à voir se trouvaient dans le centre ville, dans un bâtiment devant lequel nous étions déjà passées sans nous en rendre compte. Notre promenade nous a menées jusqu'à un parc, ou nous avons mangé des sandwichs fait avec de la charcuterie trouvée dans un petit supermarché. Peut-être de qualité moyenne pour un Italien de souche, mais pour nos papilles de nordistes, déjà succulente.
Après nous être rassasiées, nous avons continué à marcher à notre aise vers un marché et une rue de magasins, où Cha (surtout) a fait des petites emplettes. Sur le retour à l'hôtel nous avons vu d'autres tombes surélevées et à colonnettes... à croire que l'idée d'être enterrés rendait les Bolognais claustros, je ne sais pas! Ils sont taphophobes (si, si c'est un vrai mot, la peur d'être enterré vivant). Et oui, je suis allée chercher, eh ben vous savez quoi j'ai découvert qu'en vrai je suis un peu borbophobe et maskaphobe, sans parler de téléphonophobe. (Merci, Wikipédia).

Anyway, je pense que c'est ce soir-là où nous sommes tombées sur un restaurant dont un des serveurs était le portrait craché de Ralph Fiennes, ce qui nous a conduites à nous interroger sur la prononciation de ce nom. Choquée. En tout cas, on a encore sacrément bien mangé.

Le troisième jour nous avons commencé par visiter une église du quartier, la cathédrale San Pietro. C'était un dimanche, la messe était donc en cours, et on distribuait plein de branches d'olivier. Bien sûr, les païennes que nous sommes n'en avions aucune idée, mais il s'agissait du dimanche des Rameaux. Chez nous, on utilise du buis ; bref il faut que ce soit vert mais la règle s'arrête là. En ressortant, après avoir mis une petite pièce à l'artiste du quartier, on est rentrées dans le magasin Disney et on a critiqué la nouvelle poupée de Belle.

Avouez qu'elle est terrifiante

Ensuite nous sommes allées voir les salles de l'université (la plus vieille d'Europe) dont j'ai vaguement parlé plus haut. Nous sommes arrivées juste à temps : il s'apprêtaient à fermer! Après avoir eu affaire à des employés assez peu sympathiques, nous avons eu accès à la Salle d'Anatomie. Bien qu'impressionnante, il convient de rappeler qu'il s'agit d'une reconstitution : l'originale a été bombardée pendant une des deux guerres mondiales. Tout de même, cela valait le coup. Ne serait-ce que pour donner l'occasion à Charlotte de réviser ses nerfs : en effet, il y avait dans cette pièce, en plus de bien d'autres sculptures, deux écorchés tout à fait macabres. Mais bien faits, hein! Mais macabres.


A part cette salle, il y avait une bibliothèque faisant aussi office de salle de conférence très impressionnante elle aussi. Les fresques révélaient une sorte d'arbre généalogique sous forme d'emblèmes de toutes les régions d'Europe! On y a même trouvé les Flandres et Bruxellesis.

Pour terminer, nous sommes allées visiter le musée sur la place principale. Il ne renfermait rien de bien spécial, mais c'était sympa d'avoir les pièces rien que pour nous. Enfin, c'eut été le cas sans les gardes lourds dingues, mais que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir.

Après ça nous sommes retournées au même petit resto que la nuit précédente. Puis le soir, après nous être à nouveau baladées (oui, ce city trip aura été à un rythme tout gentil tout mignon, j'ai nommé la flânerie), nous sommes allées manger dans le restaurant que nous avions trouvé le premier soir, où on nous a traitées comme des reines. L'ère des Nice Ladies avait commencé : on ne s'est privées de rien, et à côté de tout ça, ils arrivaient encore à nous donner des petits plus, comme une sorte de pizza toute simple à se partager à trois en apéro. Le repas était excellent (mais est-ce que ça vaut encore la peine de le dire? La réponse : oui). Avec nos gins tonic (et le reste) et nos desserts et nos fous rire, on a passé une soirée mé-mo-rable. J'y retournerais bien dans la seconde tellement c'était parfait. Le serveur était top lui aussi : lorsqu'on a fait mine de prendre le même dessert, il nous a convaincues d'en prendre trois différents pour pouvoir partager et goûter à plein de choses et bon sang, qu'est-ce qu'il avait raison!! La convivialité là-bas, ce n'est pas pareil qu'ici, c'est fou! D'ailleurs c'est bien en raison de l'accueil impeccable qu'on a reçu qu'on est retournées là-bas le lendemain midi, pour notre dernier repas à Bologne!



Bon, tout cela m'a donné faim. Je vous dis à plus, bon appétit de la vie à tous et à toutes et gros bisous!

Alex.

mercredi 17 février 2016

Marrakech



Fin du mois de janvier nous sommes allées Charlotte et moi au Maroc. Une grande première, un voyage très différent de ceux que nous avions entrepris auparavant. En effet, si nous sommes maintenant bien rodées aux city trips, ce voyage-ci comportait de nombreuses différences : à commencer par son principe, étant donné que nous avons non seulement visité Marrakech, mais aussi une ville côtière ainsi que les montagnes du Massif de l'Atlas. Bien plus qu'un city trip, donc, sans compter qu'une fois n'est pas coutume nous ne logions pas dans une auberge de jeunesse mais dans un hôtel quatre étoiles. 

Nous sommes arrivées un dimanche matin, et il faut dire que nous avons consacré cette journée à nous détendre, bien installées sur des transats autour de la piscine. Le soleil était incroyable (oui, nous avons eu beaucoup de chance niveau temps vu la période de l'année) et les buffets très tentants. Ce jour-là j'ai mangé en quelque sorte trois petits déjeuners : celui avant le taxi, vers 4h du matin, celui dans l'avion, vers 7h30 et enfin un dernier à l'hôtel, vers 10h, heure locale.

Commençons par la nourriture. Le "snack" du midi relevait plus d'un miracle à nos yeux : plats froids, chauds (tajine, pâtes, brochettes, frites,...) et desserts à volonté. Inutile de dire que nous avons choisi le tajine et les brochettes! Le soir, le buffet était encore plus imposant et tout aussi varié. Nos verres étaient sans cesse remplis, et nous mettions bien sûr un point d'honneur à nous servir copieusement.

Le lendemain nous avions réservé une excursion dans la ville côtière Essaouira. Nous sommes parties tôt, de façon à pouvoir faire quelques arrêts, notamment dans une coopérative de femmes berbères produisant de manière traditionnelle de l'huile d'argan. C'était très intéressant d'apprendre toutes les étapes de fabrication ainsi que les applications possibles de ce produit. La dame nous a en outre dit qu'ARTE avait produit un documentaire dans leur petite fabrique sur ce qu'on appelle "l'or blanc du Maroc".


Une fois à Essaouira, nous avons eu droit à une visite de la ville avec notre premier guide, qui parlait un français assez approximatif : il n'arrêtait pas de s’emmêler les pinceaux avec l'anglais! La muraille, les canons portugais (mais fondus en Espagne), tout était très sympathique, hormis l'odeur du poisson cru. C'est cependant le quartier juif, le mellah, qui m'a le plus intéressée. Je ne m'attendais en effet pas à voir des étoiles de David dans un pays arabo-berbère.
Puis nous avons eu droit à du temps libre, pendant lequel on nous a proposé un restaurant le long de la plage... que nous avons préféré décliner, dans l'espoir de trouver quelque chose de moins cher et de moins centré sur le poisson, plus à l'intérieur de la ville. Nous avions raison : pour 120 dirhams (soit moins de 12 euros) pour deux, nous avons mangé un très bon couscous au poulet (eh oui, nous voulions du mouton, mais après avoir écouté et répondu patiemment à toutes nos questions, le gentil vieux serveur nous a appris... qu'il n'avait pas de mouton). Ensuite, après avoir tenté d'acheter des timbres, je dis "tenté", puisque de boutique en boutique, on nous indiquait le chemin, qui semblait toujours être de plus en plus long et s'enfoncer de plus en plus dans la ville (ce que nous ne voulions pas de peur de ne plus pouvoir faire demi-tour), nous sommes allées nous dorer la pilule sur la plage de sable fin. Quel délice, du soleil en janvier, tout de même! Toutefois l'eau n'était pas assez chaude pour se baigner. Avant de rejoindre le bus, nous avons papoté avec un touriste qui nous a mises en garde contre le soleil, qui à l'entendre nous donnerait mal à la tête dans la soirée. Dommage qu'il ait été si condescendant, il était plutôt mignon...
Très beau coucher de soleil au retour.
Puis, avant de rentrer dans le car, comme nous avions besoin d'aller aux toilettes sans pour autant avoir envie d'essayer celles de la plage (sûrement miteuses), nous nous sommes dirigées vers un hôtel en face. Comme je dis : dans ces cas-là, act like you belong. C'est donc ce qu'on a fait! Marchant d'un pas décidé, nous sommes rentrées dans le hall, où il n'y avait de toute manière pas grand monde, puis nous sommes montées à l'étage, où les toilettes étaient im-pec-cables. En sortant Charlotte a très bien résumé la situation : "High five en pensée!"

Le géant Atlas soutenant la voûte du Ciel
Le lendemain nous faisions partie d'un groupe qui partait en 4x4 dans les montagnes de l'Atlas. Nous sommes parties tellement tôt que nous avons pu profiter d'un lever de soleil magnifique.

 Les paysages étaient incroyables : tant de couleurs différentes! Du rouge de la terre typique de l'endroit au noir presque volcanique, en passant par l'ocre, tout était vraiment très vif, sans parler du vert, si pur, des vallées (la "veine verte", de groene ader, comme disait la dame qui nous a vendu les excursions).


Le guide nous a expliqué les trous des troglodytes, mais aussi le fait par exemple qu'en janvier à un certain endroit où on s'est arrêtés, il est censé il y avoir au moins 60 cm de neige! En effet, le pic le plus haut (Tichka) culmine à 2260 m. Plus tard, nous avons quitté la route principale pour comprendre que les cahots et autres ballottements n'étaient rien comparé aux routes berbères, non (ou très peu) bitumées. En passant je préciserai que ce sont les Français qui ont fait les routes principales du pays, eh oui, ils ont servi à quelque chose! D'un autre côté, ils ont aussi créé des frontières totalement dénuées de sens aux yeux des berbères, qui se considèrent comme un peuple libre de telles limitations.


Après un mot sur le palais du dernier pacha, nous sommes allés visiter une kasbah, nommée Aït Ben Haddou, protégée par l'Unesco comme patrimoine de l'humanité, une sorte de village sur un monticule avec en son sommet ce qui était auparavant les réserves, les greniers de grains de la communauté, à l'abri des envahisseurs. En fait kasbah veut dire "grenier commun" en arabe, tout comme Agadir, le nom d'une autre ville côtière, en berbère.

Cet endroit a été le théâtre de nombreuses réalisations de films, comme Gladiator, Prince of Persia, Babel, mais aussi l'incontournable Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre!





Ensuite nous avons mangé dans un petit resto avant de pousser jusque Ouarzazate, une ville conçue pour le cinéma, avec énormément de studios et un musée du ciné, que nous avons malheureusement pas eu le temps de visiter. En effet, nous devions faire demi-tour de manière à repasser le pic avant la tombée de la nuit, pour des raisons de sécurité, nous a-t-on dit. Je dois bien avouer que j'ai raté le coucher de soleil ce jour-là, j'étais bien installée, à l'avant, à côté du chauffeur qui était très sympathique. Charlotte a malheureusement terminé le trajet derrière (nous alternions depuis le début de la journée, étant donné que derrière c'était disons... étroit).

Le lendemain nous avons enfin vu Marrakech, avec une visite guidée des souks l'après-midi (petit détail qui n'en était en fin de compte pas un, vu qu'on pu faire la grasse matinée). Nous avons vu un boulanger au travail, dans une sorte de renfoncement dans le sol, où il devait faire chaud, juste à côté d'une sorte de grand four à pizza. Puis le guide nous a entraînés dans un dédale de petites rues couvertes (d'accord, c'est la définition des souks) voir toutes sortes de métiers, dont des teinturiers et des pharmaciens, par exemple. Un stop était par ailleurs prévu pour des petits achats. Inutile de dire que j'ai dépensé, et malgré l'impression d'avoir bien marchandé, je me suis sûrement faite rouler, n'est-ce pas.
Je rajouterai que nous étions cette fois-ci dans un très petit groupe, dont seuls deux étaient français, repérables de loin : en effet, ils ne comprenaient pas un mot quand le guide expliquait en anglais, tant et si bien que lorsque ce dernier a oublié de traduire slaves square, Cha s'en est chargée. Ces mêmes gens, un couple, étaient par ailleurs très effrayés, surtout la femme, c'est pourquoi pendant le temps libre ils sont restés sur la terrasse surplombant la place Jemaa el-Fna, cœur de la ville. Nous y avons pas mal réfléchi avec mon amie, et je pense sincèrement qu'elle et moi en avons plus fait qu'eux deux dans toute leur vie.
Quoiqu'il en soit, Cha et moi avons pour ainsi dire sauté dans l'arène, vers les charmeurs de serpents, les dompteurs de singes et autres joyeusetés dans le but de nous faire faire des tatouages au henné sur la main. Après avoir longuement parlementé, une dame s'en est chargé, et le résultat n'était pas mal du tout!


Ensuite, juste avant de rentrer vers l'hôtel Charlotte a fait une super affaire en achetant un fès (vous savez ce chapeau que porte Dujardin dans OSS 117 lorsqu'il chante Bambino?)


En parlant de danse et de musique, ce soir-là nous sommes allées voir le "spectacle marocain" à l'hôtel. Nous ne nous attendions pas à grand-chose, mais en fait c'était pas mal, pour un aperçu. Après la remise de prix des différents jeux organisés par les animateurs (si si) plusieurs groupes de musiciens nous ont présenté les différentes danses folkloriques propres à chaque grande ville. Sans parler de la danseuse du ventre, bien sûr!

Le lendemain nous avons pris la première navette (eh, 9h du matin, tout de même) pour retourner à Marrakech par nos propres moyens. Je ne dirai qu'une chose : les filles, soyez sûres de faire ça avec quelqu'un qui a de la patience et la tête froide! Il nous a fallu les deux. Loin d'être aussi facile que ce qu'on nous avait laissé entendre, se repérer dans la vieille ville aura été... une expérience. Tout d'abord il faut savoir qu'il n'y a pas de nom de rue à chaque rue, ni sur la carte, ni dans la réalité. Il faut y aller un peu au feeling, et bien choisir son trottoir pour éviter de se faire trop embêter. Je ne dis pas qu'on s'est fait harceler à chaque coin de rue, loin de là! Comparé à certains quartiers chez nous, c'était même calme. Quoiqu'il en soit, nous étions fières en arrivant au premier monument que nous voulions voir : les tombeaux saadiens. Après avoir un peu galéré pour trouver l'entrée, nous avons payé une somme dérisoire pour pouvoir admirer la dernière demeure de cette longue dynastie royale. Quelle délicatesse! les stucs, la pierre dentelée, le travail du bois... incroyable. Très proche de l'architecture andalouse, bien sûr (ou serait-ce l'inverse?)
Ensuite nous avons poussé jusqu'au Palais de la Bahia, très beau lui aussi, avec ses patios si aérés et verts. Ces décors étaient un peu plus colorés, avec du rouge, du bleu... le seul bémol était le manque de mobilier, je trouve. Il est dur de se faire une idée de ce à quoi pouvait ressembler un bâtiment tel que celui-là avec tous ces murs vierges.

Mais le plus dur restait à venir : en effet, le dernier monument sur notre liste se trouvait dans un autre quartier.  Inutile de dire que nous n'avons pas pris la route la plus courte. En fin de compte, après quelques conseils bien intentionnés mais trop vagues, des ados nous ont montré le chemin. Je ne vais pas mentir, sans eux je ne sais pas comment nous aurions fait, mais la situation était tout de même agaçante (ils voulaient être payés plus que ce que nous voulions mettre).

Quoiqu'il en soit, nous avons finalement pu visiter l'école coranique de Marrakech, seul bâtiment religieux autorisé aux étrangers (sans parler des femmes) car fermé depuis longtemps. Ce bâtiment-là disposait des cellules pour les étudiants, de toutes petites pièces, clairement à déconseiller pour les claustrophobes.

Pour ce qui est du retour à l'hôtel, ça n'a pas été de la tarte non plus : nous voulions prendre un taxi près de l'école, mais il n'y avait pas vraiment de grande place où en trouver, nous nous sommes donc dirigées vers la place Jemaa el-Fna, bien indiquée partout... mais l'était-elle vraiment? Plusieurs fois en effet nous sommes-nous retrouvées sur le mauvais chemin, ce qui, je dois le dire, devenait fatiguant. Au final nous avons trouvé un taxi qui semblait savoir de quel hôtel nous parlions. Charlotte s'apprêtait à faire montre de son nouveau sens de la négociation, mais il a tout de suite proposé le prix que nous voulions mettre. Autant dire qu'il est devenu notre petit messie de la journée! Petite anecdote : sur le chemin, une femme l'a hélé, demandant s'il allait dans une direction particulière, et après qu'il ait répondu favorablement, celle-ci est montée sur le siège avant, comme si de rien était! C'était très cocasse.

Après avoir mangé et s'être un peu posées sur un transat, nous avons profité de notre dernière excursion, et quand je dis excursion, je veux dire "promenade à dos de dromadaire"! Quels fous rires! Quelle expérience! Je l'avais déjà fait gamine, je me souvenais du choc lorsque l'animal se lève, en plusieurs étapes, peut-on dire, d'abord sur les genoux de devant, puis d'un seul coup... indescriptible. Mais c'est surtout le fait de le faire à deux, la situation qui était délirante. Les bêtes étaient attachées les unes aux autres, à la queue-leu-leu, mais même lorsque je ne me retournais pas pour voir Cha, nous ne pouvions pas nous empêcher de pouffer de rire. Un très bon moment passé dans la Palmeraie, donc, où nous avons été emmenés et où nous avons fait deux ou trois pauses photos. Un des responsables nous a même fait des bracelets en feuille de palmier, tout était vraiment très sympa.

Je terminerai cet article en parlant d'une révélation culinaire. J'ai déjà mentionné les plats, tous meilleurs les uns que les autres pendant ce voyage exceptionnel, mais ce dernier repas à l'hôtel ne souffre aucune comparaison! Nous avions réservé dans un restaurant, disons plus exclusif que le restaurant "de base" de l'hôtel, avec peu de buffets, mais bien une carte et un plat servi à table. Nous avons toutes les deux pris le poulet au citron (Charlotte disait que son père en faisait parfois à la maison, que c'était très bon, moi je n'en avais jamais mangé auparavant). Quel délice. Incroyable. Chaque bouchée était une révélation pour les sens : sincèrement un des meilleurs plats que j'aie jamais mangé! Lorsque le serveur est venu nous débarrasser, il a fait l'erreur de nous demander si nous en voulions encore. Nous nous sommes regardé Charlotte et moi dans les yeux. Un courant est passé et nous avons rigolé : chacune des nous deux était remplie, mais nous nous sommes retournées de concert vers le serveur et dit oui. Impossible de résister! Il est revenu quelques minutes plus tard avec un (une?) tajine pour nous deux. Une fois hors de portée de voix, nous avons ri une fois encore et j'ai dit quelque chose du genre "c'était la dernière étape, le dîner en amoureuses!" En effet, pendant notre court séjour, nous avons toutes les deux senti (non, je ne suis pas parano) une question planer au-dessus de nous. Ça donnait à peu près ça : "sont-elles lesbiennes?", et c'était vocalisé ainsi : "vous êtes sœurs?" C'était en fin de compte très drôle. Comme quoi chaque culture a ses petits tabous, n'est-ce pas? Mais revenons au poulet. Je peux vous dire qu'il n'en restait pas grand chose et que nous avons mis un point d'honneur à finir la sauce avec l'espèce de pain-pitta. Si seulement nous avions pu en ramener dans un tupperware!

Le lendemain nous avons repris l'avion. Cette fois il y avait une escale à Agadir. Avant de monter à bord nous avons fait un ultime achat : des petites pâtisseries typiques! La vendeuse nous en a fait goûté de toutes sortes ; des cornes de gazelles... ce fut une jolie manière de terminer le voyage, en plus de le prolonger (oui, j'ai résisté, la boîte est restée fermée jusqu'au retour).
De l'avion nous avons pu voir le détroit de Gibraltar, c'était très impressionnant, voir ces deux continents si proches!

P.S. : J'en profite pour remercier encore une fois ma partenaire de voyage, pour ces opportunités et ces expériences si belles et uniques! Charlotte, tu es exceptionnelle!

A la prochaine fois, pour de nouvelles aventures (d'accord cliché, mais indémodable). N'hésitez pas à commenter si vous avez une question!



samedi 16 janvier 2016

Londres



La prévenance britannique
En avril 2015, je suis allée à Londres avec des amis. Nous étions cinq, Charlotte et son copain Bastien, Axelle et sa sœur Mégane, et moi. Nous avions décidé de dépenser le moins possible pour notre aller, c'est pourquoi nous avons pris le bus de Bruxelles à Londres. Solution que je déconseillerai dorénavant! En effet, comme d'habitude lorsqu'il s'agit d'un voyage de nuit en car, nous sommes partis vers 23h, ce qui ne pose pas de problème en général, mais là il y avait... quelques subtilités supplémentaires, dirons-nous. Voilà, deux heures et demie plus tard, nous étions réveillés à Calais (inutile de dire que nous ne nous étions pas endormis tout de suite, le temps que l'enthousiasme du départ retombe un peu, quand même), pour un contrôle de douane... ou plutôt deux! Bah oui, des fois qu'entre les douanes françaises et les anglaises, soit deux cents mètres à tout casser, on aurait planqué un kilo de poudre! Ou caché un clandestin dans notre valise, allez savoir. Donc, après être descendus deux fois du bus, et après qu'on m'ait demandé d'ouvrir mon sac à dos car il y avait une forme "odd" dedans (mes jetons de poker), nous avons vite rejoint le bus, sous les exclamations pressantes du conducteur. J'avais déjà emprunté l'Eurotunnel en voiture mais ça reste impressionnant. Une grosse demi-heure et nous voilà en Angleterre, ce qui signifie que nous étions à Londres vers... 5h30, heure locale. Autant dire qu'il faisait noir et que le métro était fermé (eh oui, le dimanche, il n'ouvre qu'à 7h! Go figure).




Qu'à ne ça le tienne! Nous nous lançâmes à la découverte de la ville endormie et - si ce n'est pour le bruit de roulettes des valises des jumelles, le silence était parfait. C'était la deuxième fois que je découvrais une ville si tôt, vidée de ses habitants (la première fois, c'était à Venise), et la tranquillité qui en ressort est vraiment saisissante. Lorsque nous vîmes enfin la Tamise, il faisait encore noir, mais nous n'eûmes aucun mal à voir la roue de Londres : elle était éclairée! Les autres ont continué, faut dire qu'on fatiguait, mais moi je me suis arrêtée une minute pour profiter de l'instant. Ce qui au final s'avéra être un coup de génie, car ce même pont, quelques heures plus tard, allait devenir un calvaire à traverser! 


St-Mary le Strand
Arrivés au pub sur lequel se trouvait notre auberge, et après avoir déposé nos sacs, nous nous sommes posés dans un canapé, qui dès lors devint notre place attitrée. Un peu plus tard, à une heure disons décente pour commencer nos explorations, nous avons marché jusqu'au Parlement et son Big Ben, puis nous avons très discrètement écouté un guide parler à son groupe de l'abbaye de Westminster, fait des photos idiotes sur Parliament Square, passé devant Downing Street (sans malheureusement réussir à voir le Premier Ministre), pour arriver sur Trafalgar Square. S'ensuivit un long débat sur la ressemblance entre Nelson et Napoléon. Puis nous avons continué sur le Strand, une longue rue, jusqu'à un Star Bucks, pour un semblant de petit déjeuner bien mérité. Ensuite... et bien nous avons fait d'autres photos idiotes devant la statue de Confucius et sur un banc avec une plaquette à la mémoire de deux amoureux.

"Sit on my bench and pause a while,
Think of me, look up and smile."


Après s'être perdus puis retrouvés dans Covent Garden, hésité sur les tatouages éphémères qu'on pourrait bien se faire faire, et comme il était à nouveau l'heure de manger, nous avons poussé jusque St James Park où nous nous sommes extasiés, en bons continentaux que nous sommes, sur les écureuils. Nul besoin de préciser que les touristes ne leur font pas peur! Plusieurs fois, Bastien et Axelle ont failli en caresser un. Mais quelle vélocité! Ensuite nous avons vu Buckingham Palace, Piccadilly Circus, et parcouru Regent Street. Le soir, nous avons joué au poker (habitude que nous avions un peu perdue, faute de temps), ainsi qu'au billard. 

La première nuit à l'auberge de jeunesse fut... mémorable. J'ai souvent dormi dans un dortoir de huit, dix personnes, mais à Londres, la norme se situe plus à douze. Pourquoi pas? Seulement voilà, ces douze lits se trouvaient par groupes de trois lits superposés, et trois des quatre ensembles se touchaient les uns les autres. Autant dire que le tout se trouvait sur quinze mètres carrés maximum, et ce sans compter les casiers et la minuscule douche dans la chambre. Quand on ne peut ni s'asseoir sur son lit (surtout moi, ça va sans dire) ni marcher en ligne droite tant le sol est occupé par les sacs/valises/chaussures, on a intérêt à ne pas être claustrophobe. Sans compter qu'il faut avoir la mémoire des chiffres et des lettres (ce que je n'ai pas, à moins qu'il s'agisse de dates dans me cours), pour retenir le code qui permettait l'entrée de la chambre. 
Niveau confort, il y avait peut-être trois prises pour douze, pas de lampe de chevet (bah oui, il n'y avait pas de chevet...) et les lits étaient grinçants, un peu terrifiants, hein, n'ayons pas peur de le dire : quand votre nez se trouve à 30 cm du matelas de votre voisin, il y a pas mal de scénarios qui défilent dans votre tête! 

Pour le petit déjeuner le lendemain, étant donné qu'il finissait aux aurores ou presque, nous avons été plutôt prompts à descendre. Puis notre groupe s'est quelque peu divisé : les jumelles n'étaient en effet pas intéressées par le London Eye, cette grande roue permanente dans le centre qui permet d'avoir un panorama de toute la ville, c'est pourquoi nous y sommes allés de notre côté, Charlotte, Bastien et moi. La queue était très impressionnante, mais en fin de compte ça avançait vite. Bastien eut quelques difficultés à retrouver son ticket au moment-clef, mais je ne peux pas le blâmer puisque à l'attraction suivante, c'était moi qui l'avais égaré dans une de mes nombreuses poches... Oui, on est doués parfois, dans notre petit groupe. Une fois dans l'espèce de bulle de verre ovale nous avons pu admirer à notre aise les différents bâtiments ainsi que le ciel uniformément gris britannique. Je ne suis pas particulièrement sujette au vertige, mais regarder la structure de la roue n'était tout de même pas pour me rassurer, alors je me suis remise à essayer d'identifier St Paul, le Parlement, sans parler du siège du MI-6 de James Bond (qui est en fait MI-5 sur le plan) que nous avons cherché un bon moment avec Bastien, sans vraiment parvenir à le voir. Aurait-il vraiment été détruit? 
  

Mais trêve de plaisanterie. Après le London Eye, nous avons vécu une expérience hors du commun,  hors du temps, dangereuse, même... le London Dungeon (oui, ils veulent être sûrs que vous savez dans quelle ville vous êtes). Le principe de ce lieu est d'expliquer au visiteur Londres à travers ses plus horribles et sordides anecdotes : qu'il soit question de peste, du Powder Plot qui faillit détruire le Parlement, de la justice quelque peu inique qui envoyait à la potence le premier venu, ou de célèbres personnages comme Sweeney Todd ou Jack the Ripper, tout y est passé! A part un léger incident avec les barques de Henry VIII, tout s'est bien passé, ou presque. En effet, sachant qu'entre les scénettes il valait mieux ne pas se déplacer seul et en avant du groupe (ou en arrière), nous avons bien sûr envoyé Bastien en éclaireur. Le bond qu'il a fait lorsqu'un acteur l'a surpris au détour du chemin! On a beau s'y attendre... 
C'est encore lui qui fut choisi pour cobaye par le chirurgien de malheur, quelques attractions plus loin. Contentes d'être loin du faux sang qui sortait du pauvre patient, nous ne nous attendions pas aux bestioles qui se faufilèrent sous notre banc. Ou plutôt que nous avons cru sentir se faufiler. C'était à notre tour de bondir. 
L'épisode qui restera à jamais dans ma mémoire fut néanmoins celui du juge. J'appris alors une nouvelle expression en anglais : let's booeem. Il ne nous fallut pas beaucoup de temps pour comprendre "Let's BOO him!" "Boo!!" Boo!" Autant dire que nous nous sommes abstenus de mentionner que nous étions francophones, n'est-ce pas. Ce qui ne nous empêcha pas de boo-er non plus, faut-il le dire. Le shop était impressionnant de têtes de morts et autres objets glauques. On y est restés un petit moment. 
Plus tard dans la journée nous avons éprouvé l'immense satisfaction de ceux qui possèdent leurs tickets à l'avance, celle de couper une queue qui semble infinie, au Madame Tussauds de Londres, où se trouvent toutes les célébrités du moment, en cire. Nous avons donc salué Katniss, Sherlock, Wolverine, mais aussi Oscar Wilde et Marilyn! Après un questionnaire interactif à (au moins) 36 000 questions (faut dire qu'il pleuvait un peu dehors), nous avons rejoint les Queen Mary's Gardens, où il y avait un très joli jardin japonais, entre autres, qui intéressa l'architecte du paysage du groupe, j'ai nommé Mégane. 


Le lendemain nous avons commencé en fanfare : nous avons en effet attaqué le British Museum. Encore une longue file, encore un Star Bucks, et un détecteur de métaux pour entrer. De jolies photos en cascade devant les imposantes colonnes grecques du musée, et nous étions prêts à passer à l'assaut. Des groupes se sont à nouveau formés, mais je suis partie de mon côté. Je pense en effet que chacun a son rythme dans un musée, et, si je voulais regarder tout mon saoul, je voulais aussi m'aventurer dans un maximum de salles de cette institution que j'avais depuis si longtemps rêvé de visiter. Armée de mon plan (ok, ça fait beaucoup de métaphores militaires, mais je disposais de peu de temps, rappelons-le, puisque moi, je pourrais rester toute une journée là-dedans), je passai devant la Pierre de Rosette, un gardien d'une cité mésopotamienne aux inscriptions cunéiformes, d'innombrables cercueils pharaoniques,... Et j'en passe et des meilleures. Une exposition de satires anglaises napoléoniennes me fit bien rire, sans compter celle sur l'art japonais, qui me fit m'extasier. Néanmoins quelle ne fut pas ma surprise en me trouvant être la première au rendez-vous fixé sur les marches! L'expérience avait parlé, je dirais... J'avais eu en outre le temps de faire mon shopping. Résultat des pertes : un sac en toile, un magnet, du chocolat, une pièce d'échec (la reine) et le guide du musée. Et encore, j'ai résisté à la reproduction du Rhinocéros de Dürer. 
Ensuite nous sommes retournés sur Regent Street, histoire de faire un peu les magasins, avant de raccompagner à la hâte les filles à St Pancras, pour qu'elles prennent leur Eurostar. 

Charlotte, Bastien et moi avons continué le soir même, en car de nuit, vers le Nord, direction : Édimbourg! 

Au retour de cette super ville (dont je parlerai dans un autre article), nous avons pu tous les trois profiter encore un peu de la capitale. Arrivés cette fois-là à l'aube, nous sommes allés voir du côté de la célèbre Tower et de son Tower Bridge, vraiment magnifique dans la brume du matin, que nous avons admiré en dégustant un petit déjeuner au bord de la Tamise. Puis nous avons longé le fleuve, vu le Shakespeare Theatre, la Tate (tous fermés, étant donné l'heure) et le  Millenium Bridge, le pont qui se tord au début d'un Harry Potter (le sixième, je crois). 
Nous avons ensuite rejoint à notre tour St Pancras, et je dois dire que je ne me souviens plus du trajet : je me suis assoupie tout du long. Charlotte seule a noté que nous passions à nouveau sous la Manche. 

Je conclurai en disant qu'à part le métro, tout bonnement inabordable, et les prix en général (sont à exclure de ce commentaire les musées, gratuits, bien évidemment), Londres nous a énormément plu! C'est une ville surpeuplée, mais qui a réussi a garder de magnifiques parcs. Ses buildings sont impressionnants, mais subsistent néanmoins aussi de jolies petites rues, Baker Street pour ne pas la nommer, où nous avons très bien mangé (italien), à quelques pas du 221 B.
Je conseillerai aussi à tout le monde le London Dungeon : n'ayez pas peur d'y aller, même si vous ne comprenez pas tout, ça vaut vraiment le coup. Mais bien sûr, cela vaut pour tout en général, tentez l'aventure!

Bisous à tous, à la prochaine, 
Alex.